Mon expérience avec les antidépresseurs : les 5 effets secondaires auxquels on ne s’attend pas

Après avoir pris des antidépresseurs durant les 4 dernières années de ma vie et après en avoir testé 3 différents, voici les effets secondaires auxquels je ne m’attendais vraiment pas !

1. L’effet rebond de l’anxiété en début de traitement antidépresseur

Souffrant de dépression mais surtout aussi de trouble anxieux généralisé (TAG), je pensais qu’en prenant un traitement antidépresseur, mon anxiété allait petit à petit diminuer et disparaitre.

C’était sans compter l’effet rebond du début du traitement. Des angoisses presque H24, encore plus fortes qu’avant, qui m’empêchaient de respirer. Avec cette anxiété, je respirais très mal et mon ventre gonflait comme un ballon : je faisais de l’aérophagie, ce qui me procurait de fortes douleurs ! Une horreur !

Je me demandais ce qu’il se passait dans ma tête et dans mon corps. Pourquoi cela empirait soudainement ?! Je pensais que les angoisses étaient à leur maximum avant la prise du traitement mais il n’en était rien… J’étais loin de me douter que le traitement antidépresseur pouvait autant accentuer les crises d’angoisse durant les premières semaines.

Alors, si comme moi, tu as ce même symptôme étonnant, sache que c’est tout à fait normal (du moins, en début de traitement). Car une fois que je l’ai appris, cela m’a permis de relativiser ! J’ai donc pris mon mal en patience et j’ai attendu (impatiemment) que cet effet secondaire s’atténue. Une fois cette période passée, j’ai enfin pu profiter du réel effet bénéfique de l’antidépresseur. Et je peux te dire que dès qu’il agit, quel soulagement c’est et quel calme j’ai retrouvé dans ma tête, dans mon corps et dans ma vie !

2. Prise de poids importante liée aux antidépresseurs

Comme j’en ai déjà parlé à de multiples reprises sur ce blog, les antidépresseurs m’ont fait prendre 15 kilos en 1 an. Etant de nature mince et ayant un métabolisme plutôt rapide, je n’ai pas compris pourquoi, soudainement, les kilos se sont si vite agglutinés en moi.


Mon appétit a augmenté
 et ma sensation de satiété a disparu. J’avais faim H24 et dès que je mangeais, je ne pouvais plus m’arrêter de le faire. Même une fois mon estomac plein à craquer, mon cerveau m’envoyait des signaux de faim pour continuer à manger. J’avais l’impression de devenir folle ! Je ne contrôlais plus mon corps, ni mon appétit !

Et forcément, tu dois bien te douter que je n’étais pas du tout attirée par des fruits bio et légumes verts… Non, non ! J’avais envie de dévorer du sucré, du chocolat et surtout, des choses bien grasses comme des frites, des hamburgers et des chips !


3. Etre constamment fatigué.e et ne plus avoir envie de rien fair

De nature hyperactive (mentalement) et plutôt angoissée, j’ai toujours eu tendance à ne pas rester en place et à avoir envie de faire mille choses à la fois.

Après avoir été diagnostiquée avec un TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité) vers l’âge de 30 ans et ne supportant pas le traitement habituel à base de méthylphénidate (Ritaline / Rilatine), mon neuropsychiatre m’a alors prescrit mon premier traitement antidépresseur pour « ralentir la machine » mentale et physique, et par ce biais, augmenter ma concentrationdiminuer l’anxiété et les épisodes dépressifs.

Bilan, ça a tellement bien ralenti la machine que j’étais constamment fatiguée et surtout, je n’avais plus envie de ne rien faire. Tout cela s’est installé très progressivement.

Au début, je n’avais pas remarqué ces changements. Mais c’est au fil des mois et des années que je me suis rendue compte que j’avais de moins en moins d’énergiemoins envie de faire des choses, de passer à l’action, de réaliser de simples projets…

Entretenir ma maison, faire le ménage, prendre soin de mon environnement ou encore de moi-même, c’était devenu une corvée ! Plus rien ne me donnait envie. Je n’arrivais plus à trouver la motivation, ni la volonté de faire de simples choses du quotidien !

Finalement, cet antidépresseur me donnait certains symptômes d’une dépression profonde alors que sans traitement, ma santé mentale n’en était pas à ce point-là !


4. S’en foutre de tout et être détaché.e de tout : un effet déstabilisant des antidépresseurs

Après quelques mois et années sous antidépresseurs, j’ai remarqué un effet secondaire qui, au début, n’était pas pour me déplaire. Mais qui à terme… est devenu assez handicapant !

D’une personne hypersensible, assez impulsive et à fleur de peau, je suis passée à une personne qui s’en fichait de TOUT. Plus rien n’avait d’intérêt, ni d’importance pour moi.

Alors certes, c’est génial ! Je ne me vexe plus comme un pou à la moindre remarque ou contrariété ! Mais désormais, presque tout dans la vie m’indiffère.

Les éléments déstabilisants du quotidien n’ont plus autant d’impact sur ma santé émotionnelle qu’avant. Je ne me laisse plus autant déborder par mes émotions, autrefois si intenses qu’elles me détruisaient de l’intérieur.

C’est génial, me dirais-tu ! Oui, au début… Mais avec le recul, pas tant que ça ! Car petit à petit, j’ai perdu le feu sacré. Ma personnalité à la fois douce et « tout feu tout flamme » s’est effacée. Certes, mes émotions se sont régulées mais à cause du traitement antidépresseur, une partie de moi s’est éteinte !

Les éléments qui autrefois m’auraient fait réagir, ne me font ni chaud, ni froid à l’heure actuelle. Des situations qui demanderaient une réaction forte de ma part, une prise de décision ou de position, me laissent aujourd’hui de marbre. 

Alors, certes, même si les antidépresseurs ont adouci mon quotidien et sauvé ma vie, ils ont également fortement atténué une partie importante de mon identité.

5. Ne plus reconnaître sa personnalité : un effet déroutant des antidépresseurs

Ce cinquième effet secondaire inattendu fait suite aux deux points précédents.

Alors que j’ai toujours été une personne très créative, avec des pensées et des idées allant à mille à l’heure, ne supportant pas l’injustice, fervente « défenseuse » des choses qui me tenaient à coeur, avec la prise des antidépresseurs, je suis devenue plutôt « amorphe » au fil du temps.

Je n’avais plus mon caractère habituel, je n’arrivais plus à défendre mes opinions car beaucoup de choses me laissait complètement indifférente. D’ailleurs, je n’avais plus de réelles opinions tranchées. 

Autrefois très passionnée par de multiples domaines, plus rien ne me prenait aux tripes. La passion ne brulait plus en moi. Mes émotions étaient presque devenues un encéphalogramme plat…

Avant, j’aurais pu aller au bout du monde et déplacer des montagnes pour réaliser ce qui me tenait à coeur. Aujourd’hui, plus rien ne me donne l’envie de me battre. Je n’ai pratiquement plus d’idées originales, ni de projets ambitieux. Je ne me reconnais plus…

Alors certes, cette mise à distance de mes émotions m’a fait le plus grand bien les premiers mois. Cela m’a permis de moins souffrir et de me préserver. Ce fut salutaire et primordial pour ma guérison psychique ! Je ne le nie pas !

Mais alors que j’ai toujours fonctionné en tant que locomotive allant à mille à l’heure, je fais désormais du surplace, les pieds pris aux pièges dans des sables mouvants. 

Pour avancer dans la vie, je crois qu’il est important de ressentir ce « souffle de vie », cette motivation, cette envie et cette passion qui nous prennent aux tripes. Aujourd’hui, je ne la ressens plus du tout. Mes différents traitement antidépresseurs ont eu raison d’elle. 

Et maintenant que tout se passe pour le mieux dans ma vie, maintenant que j’ai retrouvé une stabilité professionnelle et une sécurité financière (ce qui, avant, me faisait défaut et m’a fait plonger plus bas que terre), je souhaite retrouver la flamme qui sommeille en moi ! Alors qu’actuellement, cette lumière est éteinte à cause de mon traitement antidépresseur.

Mais aujourd’hui, je veux aller de l’avant. Je veux retrouver mon feu sacré. Je veux avancer et de nouveau tout faire pour réaliser mes rêves !

En conclusion, bien que les traitements antidépresseurs soulagent certains symptômes qui handicapent notre quotidien, au fur et à mesure du temps, ils peuvent créer d’autres symptômes, qui, à terme, deviendront tout aussi handicapants. Il faut donc savoir pourquoi on choisit de prendre ces traitements… Il faut peser le pour et le contre avec son médecin généraliste ou psychiatre. Il faut savoir reconnaitre le moment où il est plus que vital de prendre ce type de médication.

De plus, tout un tas d’autres effets secondaires peuvent se manifester comme l’anorgasmie, la baisse de la libido, l’augmentation de l’anxiété et des pensées suicidaires, ainsi que d’autres problèmes physiques.

Et toi, as-tu remarqué des effets secondaires inattendus liés à la prise d’antidépresseurs ? 

Je t’embrasse,


Krystel